Alors, un Palestinien est né

Purifier des âmes sur les routes tordues

De Rome, pavées de pierres rugueuses

Lancées de Bethléem

Sa mort a poursuivi notre péché,

Et il a été orné

C’est alors qu’un Palestinien est né

 

Teint brun et corps poilu

Épineux comme le fruit

Planté à la racine

Je cherche son nom mais 

La pulpe sanglante me poursuit

 

J’essaie de me rappeler

Le souvenir que je décris

À la place la brume et la terre

Remplissent mon cerveau de gâchis

Inimaginable si j’avais grandi

Sur la terre destinée

À labourer la semence 

Sous notre paillis

 

La terre qui nous a créés,

Faits sur mesure, puis nous a chassés

La boue me demande où je suis

Avec une patience humaine qui exige

Le même tour de main, et 

Finalement je me souviens

 

Je me souviens —

 

Le mot arabe pour patience est sabr

Sabr, le nom du fruit que j’avais oublié

Sabr que je ne peux plus développer

Le sabr pousse là où vos arbres pourrissent

Sabr est chaque point de contrôle 

De Rafah à la Cisjordanie

 

Sabr me demande où je suis

Je ne sais pas quoi lui dire

Mes parents ont tenu sa tige

En jouant dans son ombre

Une Occupation à laquelle

Ils ont toujours résisté

Dans ces moments-là, un Palestinien était né

 

Quand même notre drapeau leur est insupportable à voir

Ils nous refusent la fierté d’une culture et sa gloire

Quand sabr est disparu nous avons planté des melons d’eau

Cultivé des symboles que nous avons mangés

Morceau par morceau, creusant une évasion juteuse 

De sa tendre chair, une liberté retrouvée à travers 

Des minces couches de vert 

Nos politiques une cuillère taillée à partir d’un rocher

 

C’est avec une pierre à la main qu’un Palestinien est né.

 

Samah Serour Fadil

Écrivaine, éditrice et traductrice afro-palestinienne
Les écrits de Samah Fadil explorent les féminismes et futurismes autochtones, et figurent dans des anthologies telles que *Beyond the Glittering World* et *Thyme Travellers*. Elle a été éditrice de contenu pour le numéro Black SWANA de *Mizna*, lauréat du Whiting Literary Magazine Prize en 2023. Son poème « prongs into the nation » a remporté le concours de poésie Petty Propolis et a été présenté dans l’exposition *Observed: Hypervisibility and Reclamation*. Résidant à Montréal, son travail continue d’interroger les questions de surveillance, de sécurité et de réappropriation des récits.

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