Purifier des âmes sur les routes tordues
De Rome, pavées de pierres rugueuses
Lancées de Bethléem
Sa mort a poursuivi notre péché,
Et il a été orné
C’est alors qu’un Palestinien est né
Teint brun et corps poilu
Épineux comme le fruit
Planté à la racine
Je cherche son nom mais
La pulpe sanglante me poursuit
J’essaie de me rappeler
Le souvenir que je décris
À la place la brume et la terre
Remplissent mon cerveau de gâchis
Inimaginable si j’avais grandi
Sur la terre destinée
À labourer la semence
Sous notre paillis
La terre qui nous a créés,
Faits sur mesure, puis nous a chassés
La boue me demande où je suis
Avec une patience humaine qui exige
Le même tour de main, et
Finalement je me souviens
Je me souviens —
Le mot arabe pour patience est sabr
Sabr, le nom du fruit que j’avais oublié
Sabr que je ne peux plus développer
Le sabr pousse là où vos arbres pourrissent
Sabr est chaque point de contrôle
De Rafah à la Cisjordanie
Sabr me demande où je suis
Je ne sais pas quoi lui dire
Mes parents ont tenu sa tige
En jouant dans son ombre
Une Occupation à laquelle
Ils ont toujours résisté
Dans ces moments-là, un Palestinien était né
Quand même notre drapeau leur est insupportable à voir
Ils nous refusent la fierté d’une culture et sa gloire
Quand sabr est disparu nous avons planté des melons d’eau
Cultivé des symboles que nous avons mangés
Morceau par morceau, creusant une évasion juteuse
De sa tendre chair, une liberté retrouvée à travers
Des minces couches de vert
Nos politiques une cuillère taillée à partir d’un rocher
C’est avec une pierre à la main qu’un Palestinien est né.
Samah Serour Fadil
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